Jazz

Bonjour à tous,

Suite au sondage sur votre genre musical préféré, je présente donc le vainqueur de ce vote: le Jazz.

Le jazz est issu de plusieurs courants. A travers le folklore vocal, spiritual et blues, et quelques souvenirs de percussions africaines, s’élaborent l’animation spécifique du swing et un certain nombre de thèmes qui appartiendront à la musique noire-américaine.

Le jazz apparaît aux États-Unis, en Louisiane, précisément à La Nouvelle-Orléans à la fin du 19e siècle, issus du métissage entre la culture du peuple noir américain encore esclave, et de la culture européenne importée par les colons français, allemands, espagnols et irlandais. Il s’inspire des danses (polka, quadrille), fanfares, cirques, salons (piano), et bien sûr des chants d’église.

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L’une des principales influences et la racine du jazz, outre les chants religieux (Negro spirituals, Gospel) et les work songs (chants de travail des esclaves dans les plantations de coton) fut le Blues, une autre musique noire rurale, née à la fin du 18e siècle, et qui évolua avec la migration des populations noires vers les grandes agglomérations.

Couramment associé aux cinq instruments emblématiques du jazz (le saxophone, la trompette, le trombone, la clarinette et le piano), le jazz mobilise cependant un grand nombre d’instruments différents, dont la guitare, la batterie, et la contrebasse.

Quant au mot lui-même « Jazz », il apparut seulement vers 1915, dérivé à priori, d’un terme d’argot qui désignait l’acte sexuel. Ce n’est que dans les années 20 que son emploi sera généralisé.

Parmi les premiers musiciens de jazz, nombreux étaient ceux qui vivaient de leur prestation dans de petites fanfares ; les instruments de ces groupes devinrent les instruments de base du jazz : cuivres, instruments à anches et batterie.
La fin de la guerre civile, et les surplus d’instruments de musique militaire qu’elle entraîna, ne fit qu’amplifier le mouvement. Les premiers jazz bands utilisaient fréquemment la structure et le rythme des marches, qui étaient le type de musique de concert le plus courant à l’époque

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Young Men’s Institute jazz band, c. 1900

 

Un événement important dans le développement du jazz fut le durcissement des lois « Jim Crow » sur la ségrégation raciale en Louisiane, à partir de 1890. Les musiciens professionnels de couleur ne furent plus autorisés à se produire en compagnie de musiciens blancs ; en revanche, ils trouvèrent facilement du travail parmi les fanfares et les orchestres noirs, qu’ils firent profiter de leur expérience de conservatoire.

En 1917, le gouvernement fit fermer Story ville (quartier chaud de la Nouvelle-Orléans). Ce fut l’exode massif des musiciens de La Nouvelle-Orléans vers le Nord, à Chicago, où s’épanouit alors ce que l’on appella le « style Nouvelle-Orléans ».

La région était prospère et les cabarets s’enrichissaient de l’argent dépensé par les gangsters. Le style Nouvelle-Orléans repose d’abord sur une improvisation collective : le trompettiste énonce la mélodie et conduit l’ensemble, le clarinettiste dessine des broderies, le tromboniste établit des lignes de basses. L’usage du chorus ne se répandra que petit à petit.

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Carroll Dickerson’s Jazz Floor Show, Chicago, 1924

Le jeu de ces musiciens est simple et bien posé à l’intérieur d’une mesure à deux temps. Le répertoire comprend aussi bien le blues (Royal Garden Blues) que le spiritual (When the Saints), le ragtime (Maple Leaf Rag), des compositions de jazzmen (Muskrat Ramble de Kid Ory) et des airs à la mode.

Malgré ses racines populaires, on trouve parmi les créateurs du jazz des musiciens de formation classique, tels que Lorenzo Tio ou Scott Joplin (pianiste de ragtime dans un hôtel qui composait en même temps un opéra – ce qui montre bien toutes les influences dont a pu hériter le jazz à cette époque).

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Scott Joplin

 

À l’aube de la Première Guerre mondiale, on assista à une libéralisation des coutumes. Des salles de danse, des clubs et des salons de thé ouvrirent leurs portes dans les villes, et des danses noires telles que le cakewalk et le shimmy furent peu à peu adoptées par le public blanc, principalement les jeunes (les flappers). Ces danses apparurent tout d’abord lors de spectacles de vaudeville, puis lors de démonstrations de danse dans les clubs.

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Affiche de spectacle américaine de 1896, proposant une compétition de Cake-walk.

 

La plupart du temps, la musique de ces danses n’avait rien à voir avec le jazz, mais c’était une musique nouvelle, et l’engouement pour cette nouvelle musique expliquait l’engouement pour une certaine forme de jazz. Des compositeurs célèbres tels qu’Irving Berlin s’essayèrent alors au jazz, mais ils n’utilisaient que rarement cet attribut qui est la seconde nature du jazz : le rythme. Néanmoins, rien ne popularisa plus le jazz que le titre d’Irving Berlin, Alexander’s Ragtime Band (1911). Son succès fut tel qu’on l’entendit jusqu’à Vienne.

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Irving Berlin chantant à bord de l’USS Arkansas, 1944.

 

Le plus prestigieux jazzman du Nouvelle-Orléans est le trompettiste Louis Armstrong et c’est l’orchestre du cornettiste King Oliver, avec les clarinettistes Jimmie Noone et Johnny Dodds qui fixe le mieux l’esprit du Nouvelle-Orléans, grâce à ses enregistrements de 1923 (Canal Street Blues). Les Red Hot Peppers du pianiste créole Jelly Roll Morton témoignent des premières recherches, fort savoureuses, d’arrangement pour petit orchestre (The Chant).Au saxo soprano et à la clarinette, enfin, Sydney Bechet déploya un style généreux et flamboyant qui, lorsqu’il s’installa à Paris en 1949, fit de lui une vedette populaire (Really the Blues).

S’en suivra une popularité croissante du Jazz avec son entrée dans les plus grandes salles de concert, au cinéma à Hollywood, avec des orchestres de plus en plus grands et entraînés…

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Duke Ellington et son orchestre, 1937.
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Ray CHARLES et L’orchestre national d’Ile de France, lors de 6ème Banlieues Bleues Festival, 1989.

 

On voit également l’apparition de femmes toutes plus talentueuses les unes que les autres sous les feux de la rampe…

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Ella Fitzgerald au Downbeat, New York, 1949.
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Nina Simone, 1950.
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Billie Holiday, Carnegie Hall, 1955.

 

Le Jazz inspira par la suite plusieurs styles musicaux tels que le Be-Bop, le Cool, le Hard Bop ou encore le Free Jazz pour ne citer qu’eux.

Voila à peu près ce que je peux vous dire au sujet du Jazz, une musique que j’aime beaucoup écouter quand je veux une ambiance calme, cosy, mais aussi lors de travaux minutieux.

Pour votre culture générale je vous ajoute un lexique du Jazz pour ceux qui veulent découvrir d’un peu plus près cet univers.

PETIT LEXIQUE JAZZY
non exhaustif !…

After Beat : temps faible ou contretemps. En jazz, le deuxième et le quatrième temps sont accentués.

Arrangement : transformation d’une œuvre musicale pour plusieurs voix ou instruments.

Big Band : grand orchestre de jazz dont l’effectif est variable (entre 12 et 18 musiciens) constitué de 3 sections* instrumentales (saxes, trombones et trompettes) et d’une section rythmique*.

Bœuf : équivalent français de l’américain Jam Session*.

Break : phrase mélodique ou rythmique jouée sans l’accompagnement (en fin ou en début de chorus*).

Chorus : improvisation* instrumentale ou vocale d’un soliste sur les harmonies* d’un thème.

Harmonie : combinaison de sons perçus simultanément. Formation et succession des accords qui sous-entendent la mélodie ou l’improvisation*.

Improvisation : mode d’expression libre. Les jazzmen improvisent des variations mélodiques sur un thème donné et sur une trame harmonique.

Jam Session : réunion de musiciens au cours de laquelle chacun joue et improvise de façon spontanée.

Riff : phrase brève mélodique ou rythmique qui vient ponctuer un morceau de façon répétée.

Rythmique : ensemble composé d’un piano, d’une contrebasse, d’une batterie et parfois d’une guitare.

Scat : intervention vocale où des onomatopées remplacent les paroles d’une chanson.

Section : un orchestre est souvent composé de deux sections. Les cuivres (trompettes et trombones) et les anches (clarinettes et saxophones) sont regroupés dans la section mélodique. Tandis que la batterie, la contrebasse, le piano et la guitare forment la section rythmique.

Slap : technique consistant à frapper les corde d’une contrebasse.

Sourdine : accessoire que l’on place devant ou à l’intérieur du pavillon d’une trompette ou d’un trombone afin d’en modifier la sonorité et le timbre.

Standard : morceau issu du répertoire populaire et qui est devenu un classique à force d’être joué par les musiciens de jazz.

Swing : pulsation rythmique propre à la musique jazz.

Tempo : vitesse d’exécution.

Vibrato : procédé technique pour obtenir le tremblement léger et rapide d’un son (instrument et voix).

Et n’oubliez pas notre playlist Spotify « Jazzy Fabrik 117 »

 

Bonne journée à tous et merci de votre soutien…

Posté par: Laurent.

Fabrik 117

2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Le Trébuchet dit :

    Un beau morceau d’histoire. Les mémoires de Duke Ellington ont été récemment traduites en français :
    https://letrebuchet.wordpress.com/2016/04/12/duke-ellington-une-vie-a-renaitre/

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